Ouvrir le menu principal

Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/276

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


comptait parmi les plus riches négociants, nature très sympathique, montrant cette réserve charmante qui caractérise les races du nord. Ayant fixé sa résidence dans la colonie danoise, il avait pris la suite de l’importante maison de son oncle, un frère de sa mère, maison d’objets de consommation usuelle, vivres, étoffes, etc.

L’époque n’était pas encore éloignée où tout le commerce de Saint-Thomas se trouvait entre les mains des Israélites. Il se faisait sur une grande échelle, alors que la guerre troublait incessamment ces parages, et surtout après que la traite des noirs eut été définitivement interdite. Son port, Charlotte-Amalia, ne tarda pas à être déclaré port franc, ce qui accrut sa prospérité. Il offrait de sérieux avantages à tous les navires, de quelque nationalité qu’ils fussent. Ils y rencontraient un abri sûr contre les alizés et les tempêtes du golfe, grâce aux hauteurs de l’île, à une langue de terre où se brisait la houle du large, à un îlot sur lequel sont établis des quais et installés des magasins à charbon.

Lorsque l’Alert, signalé par les sémaphores, eut relevé les pointes Covell et Molhenters, doublé l’extrémité de la langue,