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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/253

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massacre du capitaine Paxton et de ses hommes, que l’Essex eût été envoyé pour s’emparer de ces malfaiteurs ?…

Et pourtant, toute réflexion faite, non ! cela ne pouvait être. Comment, Harry Markel, qui certainement n’aurait pas plus épargné les passagers qu’il n’avait épargné l’équipage du capitaine Paxton, aurait fait route pour les Antilles ?… Il eût poussé l’audace jusqu’à conduire l’Alert à destination au lieu de s’enfuir ?… Une telle imprudence était inadmissible.

Cependant, Harry Markel attendait avec plus de sang-froid que John Carpenter et Corty. Si le commandant de l’Essex entrait en communication avec lui, il verrait. Du reste, l’aviso avait stoppé à quelques encablures seulement, et, sur un signal qui fut envoyé, l’Alert dut mettre en panne. Ses vergues brassées et orientées de manière que le jeu des voiles se contrariât, il demeura à peu près immobile.

Dans tous les cas, puisque l’Essex avait hissé son pavillon, l’Alert dut hisser le sien.

Il va de soi que, si Harry Markel n’eût pas voulu obéir aux injonctions qui lui étaient faites par un bâtiment de l’État, il y aurait été contraint. Impossible d’échapper aux