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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/241

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hache, et, l’estomac ouvert, il essayait encore de se déhaler par des bonds formidables qui l’envoyaient d’un bord à l’autre.

M. Horatio Patterson ne put assister à cette intéressante capture. Ce fut dommage, car il en aurait soigneusement inséré le récit dans ses notes de voyage, et eût, sans doute, donné raison au naturaliste Roquefort, qui fait dériver par corruption le mot requin du latin requiem.

Ainsi s’écoulaient les journées, et on ne les trouvait point monotones. À chaque instant, — distraction nouvelle, — des bandes d’oiseaux de mer croisaient leur vol autour des vergues. Quelques-uns furent tués par Roger Hinsdale et Louis Clodion, qui se servirent fort adroitement des carabines du bord.

Il convient de noter que, sur les ordres formels d’Harry Markel, ses compagnons n’avaient aucun rapport avec les passagers de l’Alert. Seuls, le maître d’équipage, Corty, Wagah, chargé du service du carré, se départaient de cette réserve. Harry Markel lui-même restait toujours l’homme froid, peu communicatif, qu’il s’était montré dès le premier jour.

Assez fréquemment passaient en vue du trois-mâts des voiliers, des steamers, à une