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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/232

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Cependant, après le steward, Corty vint encore proposer un suprême remède à son tour :

« Avez-vous du courage, monsieur Patterson ? » demanda-t-il.

D’un signe de tête, M. Patterson répondit qu’il n’en savait rien.

« De quoi s’agit-il ?… s’informa Louis Clodion, qui se défiait de cette thérapeutique marine.

— Tout simplement d’avaler un verre d’eau de mer… répondit Corty. Cela produit souvent des effets… extraordinaires !

— Voulez-vous essayer, monsieur Patterson ?… reprit Hubert Perkins.

— Tout ce qu’on voudra ! gémit l’infortuné.

— Bon, fit Tony Renault, ce n’est pas la mer à boire.

— Non… un verre seulement », déclara Corty, qui envoya une baille par-dessus le bord et la rehissa pleine d’une eau dont la limpidité ne laissait rien à désirer.

M. Patterson, — et il faut convenir qu’il y mettait une véritable énergie, — ne voulant point mériter le reproche de ne pas avoir tout essayé, se releva à demi sur son matelas, prit le verre d’une main tremblotante, le porta à ses lèvres et avala une bonne gorgée.