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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/220

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la mer des Indes, puis l’Océan Pacifique dans le plus court délai. Maintenant, il s’agissait de rallier les parages de l’Antilie en coupant le Tropique du Cancer à peu près sur le soixante-dixième méridien. Aussi le trois-mâts, tout dessus, même ses cacatois, ses flèches et ses voiles d’étais, cinglait-il, tribord amures, sous une brise fraîchissante, qui lui valait ses onze milles à l’heure.

Cela va sans dire, personne ne souffrait du mal de mer. Très soutenu par sa voilure qui l’appuyait sur bâbord, à la surface de cette houle longue et régulière, l’Alert roulait à peine et s’élançait d’une lame à l’autre avec tant de légèreté que le tangage y était presque insensible.

Toutefois, et quoi qu’il y en eût, dans l’après-midi, M. Patterson ne laissa pas de ressentir un certain malaise. Il est vrai, grâce à la prudence de Mrs Patterson, et conformément à la fameuse formule Vergall, sa valise renfermait divers ingrédients qui, à en croire les gens les mieux informés, permettent de combattre avec succès ledit mal de mer qu’il appelait savamment « pélagalgie ».

Et, en outre, pendant la dernière semaine passée à Antilian School, le prévoyant éco-