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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/203

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lièrement séduit M. Horatio Patterson, sinon moins jeune, mais aussi inexpérimenté que Louis Clodion et ses camarades.

En effet, par sa minutie dans le service, par le zèle qu’il affectait, Wagah devait plaire à un homme, on peut le dire, aussi naïf que l’économe d’Antilian School. Harry Markel avait eu la main heureuse en le choisissant pour ces fonctions de steward. Personne n’avait mieux joué son rôle. Eût-il eu à le continuer pendant toute la traversée que M. Horatio Patterson n’aurait jamais soupçonné ce misérable. Or, on ne le sait que trop, ce rôle allait prendre fin dans quelques heures.

Donc, le mentor était enchanté de son steward. Il lui avait déjà indiqué la place de ses divers ustensiles de toilette et de ses habits dans la cabine. Il se disait que, s’il était éprouvé par le mal de mer, — éventualité peu probable puisqu’il avait fait ses preuves pendant la traversée de Bristol à Queenstown, — Wagah lui rendrait les meilleurs services. Aussi parlait-il déjà de la bonne gratification qu’il comptait prélever sur la caisse du voyage pour reconnaître tant d’empressement à lui être agréable et à prévenir ses moindres désirs en toutes choses.