Ouvrir le menu principal

Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/170

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


se faire sentir. Très probablement, pour peu qu’elle tint une heure encore, il se déciderait à appareiller.

Que l’on juge si cette nouvelle fut bien accueillie !

En effet, vers le nord-est apparaissaient des nuages qui permettaient de croire à un changement de temps. Sans doute, ils se levaient de terre, et mieux eût valu qu’ils vinssent du large. Mais, enfin, l’Alert pouvait quitter son mouillage, et, une fois au-delà de Roche-Pointe, on agirait suivant les circonstances.

« Tout le monde sur le pont, commanda Harry Markel, et paré à lever l’ancre. »

Quelques hommes vinrent au guindeau, aidés des jeunes garçons qui voulurent leur donner la main. Pendant ce temps, les voiles étaient larguées, les vergues hissées à bloc. Puis, lorsque l’ancre fut à pic, tandis qu’elle remontait au bossoir, le trois-mâts prit de l’erre sous sa misaine, ses focs, ses huniers, ses perroquets, sa brigantine, et, en quelques instants, il eut contourné l’extrême pointe de l’anse Farmar.

Et, aux dernières nouvelles, les journaux du soir annoncèrent que le trois-mâts Alert, capitaine Paxton, ayant à bord les lauréats