Ouvrir le menu principal

Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/144

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


En effet, voyant que, faute de vent, le trois-mâts ne pourrait lever l’ancre, peut-être M. Patterson et les jeunes garçons demanderaient-ils à être reconduits à Queenstown. Ils n’avaient certainement eu le temps de visiter ni la ville industrielle ni la ville maritime, et, puisqu’ils en auraient le loisir, il était possible qu’ils en fissent la proposition.

Or, c’eût été là un vrai danger qu’il importait d’éviter. Après avoir mis les passagers à bord, le canot qui les aurait transportés retournerait au port et ce serait une des embarcations de l’Alert qui devrait les reconduire — une embarcation montée par deux ou trois des hommes d’Harry Markel.

Eh bien, n’était-il pas à craindre que les constables, ayant inutilement fouillé les tavernes du quartier, ne continuassent leurs recherches dans les rues et sur les quais ?… Que l’un des fugitifs fût reconnu, tout serait découvert… Une chaloupe à vapeur se rendrait immédiatement dans l’anse Farmar avec une escouade de police, les agents prendraient possession de l’Alert, et toute la bande retomberait entre leurs mains…

Aussi, quand les passagers seraient à bord, on ne leur permettrait plus de débarquer, dût le retard se prolonger pendant quelques