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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/139

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saient précisément à tendre leurs lignes au revers de la pointe, à quelques encablures du navire. Aussi Harry Markel et ses compagnons, par prudence, ne se montraient guère. Si d’ailleurs l’Alert eût appareillé avant l’arrivée de ses passagers qui étaient attendus d’une heure à l’autre, ce départ inexplicable eût paru suspect. Le mieux était encore de ne point faire route avant la nuit, en admettant que ce fût possible.

On le comprend, la situation ne laissait pas d’être des plus inquiétantes : le moment approchait où le mentor et ses jeunes compagnons de voyage se rendraient à bord de l’Alert.

Il ne faut pas oublier que le départ avait été fixé au 30 juin, par Mrs Kethlen Seymour, d’accord avec le directeur d’Antilian School. Or, on était au 30 juin. M. Patterson, débarqué la veille au soir, ne voudrait pas se retarder d’une heure. En homme aussi minutieux qu’exact, il ne se donnerait même pas le loisir de visiter ni Cork, ni Queenstown, bien qu’il ne connût aucune de ces deux villes. Après une bonne nuit, pendant laquelle il se serait remis des fatigues de la traversée, il se lèverait, il éveillerait tout son monde, il se rendrait au port, on lui indiquerait le