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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/132

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équipage venait d’être massacré au mouillage de l’anse Farmar. Le navire était entre les mains de la bande des pirates de l’Halifax.

Aux primes lueurs du jour, Harry Markel et John Carpenter examinèrent en détail le bâtiment dont ils s’étaient rendus maîtres. Dès le premier coup d’œil ils en reconnurent les qualités nautiques : finesse de ses formes, excellent tracé de ses lignes d’eau, élancement de l’avant, dégagement de l’arrière, hauteur de sa mature, large croisure de ses vergues, profondeur de son tirant d’eau qui lui permettait de déployer une grande surface de toile. Assurément, même avec petite brise, s’il fût parti la veille dès neuf heures, il eût franchi le canal Saint-George pendant la nuit, et, au point du jour, il aurait été à une trentaine de milles des côtes de l’Irlande.

Dès l’aube, le ciel se montra couvert de ces nuages bas, ou plutôt de ces brumailles qu’un peu de vent eût dissipées en quelques minutes. Les vapeurs et les eaux se confondaient à moins de trois encablures de l’Alert. En l’absence de brise, ce brouillard humide fondrait-il lorsque le soleil aurait pris plus de force, c’était douteux. D’ailleurs, l’appa-