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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/372

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histoires

d’ailleurs anodine misanthropie, quel que fût le reste de courage et de bonne humeur demeurés dont il a été parlé plus haut en toute réserve, aussi bien.

Son bilan était donc celui-ci : pas le sou, vivre avec cela sans aucun aperçu plausible d’une amélioration, fût-elle infinitésimale. Et sa maladresse digne de passer en proverbe n’était pas pour l’aider parmi les labyrinthes et les impasses de son absurde existence. Mais, il l’a été dit et redit, une sorte de philosophie le soutenait dans cette lutte disproportionnée avec la guigne. Seulement, ce n’était plus une vie, là, vrai ! quand lui arriva ce qui va être rapporté.

Depuis quelque temps, suite d’excès anciens ou de récentes mais déjà trop vieilles privations ? se demandait-il en toute insouciance, il souffrait vers le cœur : comme des amertumes se passaient par là ; des malaises âpres, s’il eût cru, de mordillants et grignottants désordres, l’incommodaient jusqu’à l’agacement. Force lui parut être, finalement, d’en référera un sien ami, médecin, chez qui il déjeunait le plus rarement possible au gré de sa fierté de pauvre diable toujours un peu son poing sur sa hanche. Celui-ci lui déclara cela grave, et mortel, sachant combien vraisemblable était son indifférence à ce sujet.