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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/351

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comme ça

chic, tu es un monsieur, trop savant pour moi. Seulement, tu as été bien gentil, pas jaloux…

Pas jaloux ! quel éloge dans quelle bouche !

… Pas embêtant, pas sciant. Et j’ai eu pour toi un béguin qui dure encore et durera, je te promets… Oui. Célestin est mon grand, de béguin. Mais c’est égal, va, j’ai été bien contente de toi cet hiver… et tiens, je n’osais pas te le dire, je…

— Tu… ?

— Eh bien, là, si j’ai couché tous ces mois-ci avec toi, C’ÉTAIT POUR ME CONSOLER !

Ce mot c’était pour me consoler frappa drôlement X. Il y avait là beaucoup de choses en vérité. Quelque impudence, une naïveté, comme de la candeur enfantine et de la gentillesse tout plein. C’était si joliment dit d’ailleurs ! Cette fille avait par instant des repos d’innocence extraordinaires. Par exemple, ne jouait-elle pas quelquefois comme une perdue avec le garçon et la dernière petite du propriétaire, sautant à la corde et y faisant sauter avec des rires tout à fait frais, endurant de la meilleure humeur les affreux bleus que les coups de poing inconsidérés de l’infernal gosse lui taisaient aux épaules et sur les bras. Elle avait grasseyé de l’accent picard qu’elle prenait en certains moments et qui ne manque pas d’une certaine bonté lourdaude, d’une cer-