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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/340

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histoires


Midi sonnèrent.

— Petit, cria Marie, allons, debout. Attends, je vais t’aider.

Et elle l’aida à mettre un pantalon, des chaussons, un gilet de chasse et un gros pardessus fané, passé paletot d’inférieur.

Ils déjeunèrent dans la boutique, comme X. en avait pris l’habitude, depuis qu’il pouvait se lever pendant quelques heures, avec le patron et sa famille, composée d’une femme et cinq beaux enfants, dont une petite de huit ans, un pur ange de grâce et de bon caractère, et un gamin de douze ans, espiègle comme cent, si drôle dans ses jeux, à froid parfois — tels ceux de beaucoup de jeunes garçons parisiens, — qu’X. l’avait surnommé Pierrot, appellation dont l’enfant était mystérieusement tout fier.

Après déjeuner, Marie tira de sa poche quelque chose qu’elle déroula et se mit à raccommoder, en face de la patronne, déjà occupée à un travail analogue, et X. témoigna le désir d’aller se coucher.

— Ma clef sera sur la porte. Viens quand tu voudras.

— Dors toujours bien. J’irai quand il faudra.

Il était six heures et demie quand X. rouvrit les yeux. Marie, assise à son chevet, surveillait son sommeil.