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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/336

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histoires

aux bouts roux splendides, des hanches grasses, d’un satin, ô que précieux, d’une senteur virtuelle si capiteuse, vivaient, vibraient sous l’étreinte jamais assouvie de X. Quelle fatigue exquise au terme aigu de laquelle lestement, dans les deux sens du mot, Marie, enjambant d’une jambe une jambe de l’homme, se laissa rouler, pour s’y blottir, dans le coin du lit, au long du mur tendu de la même perse que les rideaux vert foncés sur fond ponceau. X. dormit jusqu’au matin, dans la fraîcheur des beaux bras nus, avec sa tête dans les cheveux de fée et d’ange.

Au réveil, Marie, après une conversation qui mit le comble à la langueur de X., fut tôt hors du lit, enfila son jupon, jeta sa pèlerine sur ses épaules, lit du feu et procéda à sa toilette.

Après avoir tordu en un fier chignon sommaire ses admirables cheveux, elle fit bouillir de l’eau qu’elle versa, mêlée à de l’eau froide, dans un bassin de fer blanc (la chambre du malade se trouvait garnie de tout un petit ménage) et s’y lava promptement les pieds jusque très haut. Cela fait et le bassin vidé, elle dit à X. : « Tu permets ? » en même temps que sa pèlerine et son jupon dégrafés tombaient et que sa chemise sautait par dessus sa tête. Ô ce corps ! Ô, du col aux orteils, cette blancheur de lait sur du marbre rose qui palpiterait à temps bien égaux,