Ouvrir le menu principal

Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/249

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
239
souvenirs

Napoléon Ier passant par Arras et voyant les constructions déjà très avancées que la queue de la Bande noire s’apprêtait à jeter bas contre une honteusement dérisoire somme d’argent, conçut l’idée vraiment impériale de les achever pour en faire une cathédrale en place de celle disparue. Cette cathédrale fut inaugurée par Charles X, mais ne fut complètement achevée qu’en 1832, sous l’épiscopat de Mgr le cardinal de Latour d’Auvergne.

C’est une immense construction toute nue, cruciforme, au flanc est de laquelle s’accole tout un quartier de la ville, et qui communique avec le grand séminaire contenu, comme il a été dit plus tôt, dans l’ancienne abbaye. On y inculte par un majestueux escalier de quarante-deux marches. Le portail, à peu près de Saint-Thomas d’Aquin ou de Saint-Roch, est franchement laid, bien entendu, mais d’une sobriété propitiatoire.

De forts arcs-boutants, massifs et nus comme tout le reste, rayonnent tout autour de la puissante construction, allègent ses diverses parties et en dégagent l’irréprochable structure. Corps principal de l’église, bras de croix, chevet, portail, ressortent lourds dans L’air, sévères, corrects, trônant, solidement assis, sur une haute gresserie, au-dessus de la ville légère et den-