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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/236

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souvenirs


« Après tous ces devoirs, la saincte Chandelle fut baillée en garde à ces deux joueurs d’instruments musicaux, qui l’avoyent reçu de la Vierge avec l’evesque, par l’advis duquel ils instituèrent une vénérable Société de gens pieux et dévots qu’ils appelèrent la Confrairie des Ardants en la mémoire de ce tant signalé miracle, et en peu de temps grand nombre de gens, voire des principaux et plus honorables Seigneurs et Bourgeois de la ville d’Arras, se feirent enrôler dans cette Confrairie.


Deo Patri sit, gloria
Et Filio qui a mortius
Surrexit ac Paraclito
In sempiterna sæcula ! »

— Le cierge miraculeux et la dévotion qui s’y attachait ont traversé des fortunes diverses : l’inepte ouragan de 92 a démoli la chapelle où la mystérieuse relique était vénérée — édifice situé sur la « petite place », composé d’un dôme et d’une flèche ; cette dernière, dont il a été question plus haut, était une des perles de l’art gothique français. Le cierge, contenu dans une riche custode, fut pendant toute la révolution caché par des soins pieux au fond d’un puits, d’où il sortit lors du rétablissement du culte,