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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/222

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souvenirs

d’ailleurs des assistants, j’ai tout lieu de le craindre. Ah ! des Te Deum pour la fête de l’Empereur dans le chœur de Sainte-Marie, à coté de mon père, capitaine du génie en retraite, convoqué. Des services funèbres de connaissances. Le rite gallican, chantres en chapes, arpentant le chœur de haut en bas, un serpent. Les barrettes n’allaient-elles pas encore en cône ? Des surplis sans manches, avec des bandes plissées au petit fer voletant derrière. Je remarque que les prêtres portent leurs cheveux longs et très pommadés ou bien alors assez en désordre. Ma première communion faite avec d’affreux gamins, pourtant moins pires que ceux d’à présent que je connais bien aussi, pour des raisons. Menteurs, gourmands, méchants et sensuellement vicieux autant que cet âge poussé au pire, dans son impuissance d’autant plus excitée par la corruption, est susceptible de l’être, mes compagnons à la sainte Table ! Je fus, j’ose le croire, l’un des meilleurs communiants de cette malédifiante fournée de polissons. J’espère, toutefois, que quelques autres ne commirent pas non plus un sacrilège, en ce plus beau jour de notre vie ; le pénitent de Sainte-Hélène n’a jamais dit plus juste. Et je m’accuse, s’il le faut, de venir là déjouer le mauvais rôle dans la parabole, s’évoquant, du Pharisien