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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/220

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souvenirs


Je fus baptisé à Metz, où je suis né. Je n’ai gardé aucun souvenir de l’église où cette cérémonie eut lieu, ayant quitté Metz très jeune et j’en ai même oublié le vocable. Mais c’est un de mes plus chers projets, de m’informer, à la première occasion, de tous les détails relatifs à cette phase de ma vie chrétienne, pour pouvoir, qui sait par ces temps-ci ? un jour de confession ou de martyre, répondre à qui de droit, avec l’accent, sinon avec le geste d’un Louis IX, se réclamant du seul baptistère de Poissy : « Paul de Saint un tel ou de telle Notre-Dame. »

Et de Metz ecclésiastique, nulle remembrance que celle, bien vague, de la bizarre cathédrale au bord de l’eau, dont j’ai encore les vitraux très harmonieux dans les yeux, malgré tous les pleurs qu’ils ont versés, malgré toutes les choses étranges, coupables ou non, auxquelles ils ont mêlé depuis leurs regards plutôt ingénus. Et, Metz, deux fois mon pays, par la naissance et par l’espérance, adieu sans doute !

Montpellier, de pompeuses processions sous des draps tendus. J’y apprends mes prières. J’y suis bien sage et plus près du bon Dieu que jamais de ma vie.

J’avais sept ans quand je vins à Paris. Juste l’âge du crapaud des Châtiments, tué au 4 décembre. J’étais, ce jour-là, sur les boulevards,