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Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/207

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souvenirs

pour les jeunes de lettres, dans l’éternelle dèche et la dette archi-vivace pour la plupart des « glorieux » gloria in profundis ou in extremis, au choix ! ennui, côte des dames, pour une robe où tel grand couturier s’est trompé, ou pour cet amant ou cet autre ou d’autres trop ou pas assez assidus ou jaloux, ennui pour l’enfant d’apprendre et pour le maitre d’enseigner, ennui de vivre, enfin, pour tous et partout et tout le temps !

Or, L’ennui est la vraie solitude, la solitude dana le tumulte des foules aussi bien que dans les tempêtes au désert et que dans le calme en mer. Et la solitude, væ soli ! en même temps qu’elle porte malheur, est, par précellence, mauvaise, détestable, abominable conseillère.

C’est elle qui détruit l’enfant la nuit et parfois le jour, elle qui :

Tord sur leurs oreillers les bruns adolescents,


elle qui se constitue la Muse, — pardonnez, chastes Piérides ! — du criminel et du filou, elle qui souvent, trop souvent, égare le poète et l’artiste ès-sinistres labyrinthes du vain Orgueil et de L’Envie, qu’elle se quolibette Émulation ou garde cyniquement son sale nom, c’est enfin elle ou plutôt lui, l’ennui de vivre qui… me dicte ces