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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/431

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XI


Riche ventre qui n’a jamais porté,
Seins opulents qui n’ont pas allaité,
Bras frais et gras, purs de tout soin servile,

Beau cou qui n’a plié que sous le poids
De lents baisers à tous les chers endroits,
Menton où la paresse se profile,

Bouche éclatante et rouge d’où jamais
Rien n’est sorti que propos que j’aimais,
Oiseux et gais — et quel nid de délices !

Nez retroussé quêtant les seuls parfums
De la santé robuste, yeux plus que bruns
Et moins que noirs, indulgemment complices,

Front peu penseur mais pour cela bien mieux,
Longs cheveux noirs dont le grand flot soyeux,
Jusques aux reins lourdement se hasarde,