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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/413

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III


L’écartement des bras m’est cher, presque plus cher
Que l’écartement autre :
Mer puissante et que belle et que bonne de chair,
Quel appât est la vôtre !

O seins, mon grand orgueil, mon immense bonheur,
Purs, blancs, joie et caresse,
Volupté pour mes yeux et mes mains et mon cœur
Qui bat de votre ivresse,

Aisselles, fins cheveux courts qu’ondoie un parfum
Capiteux où je plonge,
Cou gras comme le miel, ambré comme lui, qu’un
Dieu fit bien mieux qu’en songe.

Fraîcheur enfin des bras endormis et rêveurs
Autour de mes épaules,
Palpitantes et si doux d’étreinte à mes ferveurs
Toutes à leurs grands rôles,