Ouvrir le menu principal

Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/275

Cette page a été validée par deux contributeurs.
265
parallèlement



Quoi, malgré ces reins fricassés,
Ce cœur éreinté, tu ne sais
Que dévouer à la luxure
Ton cœur, tes reins, ta poche à fiel,
Ta rate et toute ta fressure !

Sucrés et doux comme le miel,
Damnants comme le feu du ciel,
Bleus comme fleur, noirs comme poudre,
Tu raffoles beaucoup des yeux
De tout genre en dépit du Foudre.

Les nez te plaisent, gracieux
Ou simplement malicieux,
Étant la force des visages,
Étant aussi, suivant des gens,
Des indices et des présages.

Longs baisers plus clairs que des chants,
Tout petits baisers astringents
Qu’on dirait qui vous sucent l’âme,
Bons gros baisers d’enfant, légers
Baisers danseurs, telle une flamme.

Baisers mangeurs, baisers mangés,
Baisers buveurs, bus, enragés,