Ouvrir le menu principal

Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/271

Cette page a été validée par deux contributeurs.


POÈME SATURNIN

Ce fut bizarre et Satan dut rire.
Ce jour d’été m’avait tout soûlé.
Quelle chanteuse impossible à dire
Et tout ce qu’elle a débagoulé !

Ce piano dans trop de fumée
Sous des suspensions à pétrole !
Je crois, j’avais la bile enflammée,
J’entendais de travers ma parole.

Je crois, mes sens étaient à l’envers,
Ma bile avait fait des bouillons fantasques.
Ô les refrains de cafés-concerts.
Faussés par le plus plâtré des masques !

Dans des troquets comme en ces bourgades,
J’avais rôdé, suçant peu de glace.
Trois galopins aux yeux de tribades
Dévisageaient sans fin ma grimace.