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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/25

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amour


Cellules ! Prisons humanitaires ! Il faut taire
Votre horreur fadasse et ce progrès d’hypocrisie…
Puis il s’attendrit, il réfléchit. Par quel mystère,
Ô Marie, ô vous, de toute éternité choisie ?

Puis il se tourna vers votre Fils et vers Sa Mère,
Ô qu’il fut heureux, mais, là, promptement, tout de suite !
Que de larmes, quelle joie, ô Mère ! et pour vous plaire,
Tout de suite aussi le voilà qui bien vite quitte

Tout cet appareil d’orgueil et de pauvres malices,
Ce qu’on nomme esprit et ce qu’on nomme la Science,
Et les rires et les sourires où tu te plisses,
Lèvre des petits exégètes de l’incroyance !

Et le voilà qui s’agenouille et, bien humble, égrène
Entre ses doigts fiers les grains enflammés du Rosaire,
Implorant de Vous, la Mère, et la Sainte, et la Reine,
L’affranchissement d’être ce charnel, ô misère !

Ô qu’il voudrait bien ne plus savoir plus rien du monde
Q’adorer obscurément la mystique sagesse,
Qu’aimer le cœur de Jésus dans l’extase profonde
De penser à vous en même temps pendant la Messe.

Ô faites cela, faites cette grâce à cette âme,
Ô vous, Vierge Mère, ô vous, Marie Immaculée,
Toute en argent parmi l’argent de l’épithalame,
Qui posez vos pieds sur notre terre consolée.