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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/128

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XXV


Ô mes morts tristement nombreux
Qui me faites un dôme ombreux
De paix, de prière et d’exemple,
Comme autrefois le Dieu vivant
Daigna vouloir qu’un humble enfant
Se sanctifiât dans le temple.

Ô mes morts penchés sur mon cœur.
Pitoyables à sa langueur,
Père, mère, âmes angéliques,
Et toi qui fus mieux qu’une sœur,
Et toi, jeune homme de douceur
Pour qui ces vers mélancoliques,

Et vous tous, la meilleure part
De mon âme, dont le départ
Flétrit mon heure la meilleure,
Ami que votre heure faucha,
Ô mes morts, voyez que déjà
Il se fait temps qu’aussi je meure.