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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, I.djvu/426

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Mais le voilà qui devient glace aussi
Et dans son cœur horriblement transi
Le sang s’arrête, et son geste se fige.
Il est statue, il est glace. Ô prodige
Vengeur du Commandeur assassiné !
Tout bruit s’éteint et l’Enfer réfréné
Rentre à jamais dans ses mornes cellules.
« Ô les rodomontades ridicules»,
Dit du dehors Quelqu’un qui ricanait,
« Contes prévus ! farces que l’on connaît !
« Morgue espagnole et fougue italienne !
« Don Juan, faut-il afin qu’il t’en souvienne,
« Que ce vieux Diable, encor que radoteur,
« Ainsi te prenne en délit de candeur ?
« Il est écrit de ne tenter… personne.
« L’Enfer ni ne se prend ni ne se donne.
« Mais avant tout, ami, retiens ce point :
« On est le Diable, on ne le devient point. »