Ouvrir le menu principal

Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, I.djvu/270

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Il ira, calme, et passera
Dans la férocité des villes,
Comme un mondain à l’Opéra
Qui sort blasé des danses viles.

Même, — et pour tenir abaissé
L’orgueil, qui fit son âme veuve.
Il remontera le passé.
Ce passé, comme un mauvais fleuve,

Il reverra l’herbe des bords.
Il entendra le flot qui pleure
Sur le bonheur mort et les torts
De cette date et de cette heure !…

Il aimera les cieux, les champs,
La bonté, l’ordre et l’harmonie,
Et sera doux, même aux méchants,
Afin que leur mort soit bénie.

Délicat et non exclusif,
Il sera du jour où nous sommes :
Son cœur, plutôt contemplatif.
Pourtant saura l’œuvre des hommes.

Mais, revenu des passions.
Un peu méfiant des « usages »,
À vos civilisations
Préférera les paysages.