Page:Verhaeren - Les Tendresses premières, 1904.djvu/40

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Dans les foyers ouverts. Pourtant,
Nulle oreille ne les entend
Frôler les murs de leurs bruits frêles.


Mais ils sont là, au matin dit,
Comme tous ceux de l’autre année ;
Les vieux recoins des cheminées,
Superbement, en sont garnis.
Dans le matin crépusculaire,
Les yeux aigus, les doigts errants,
On les recueille en adorant
On ne sait quoi de tutélaire ;
À moins que d’un regard furtif,
Dans l’ombre, d’où elles émergent,
On ne découvre un lot de verges
Pour les enfants qui sont rétifs.


Et c’est beau temps. Le printemps pâle
Sur les maisons et les vergers
Disperse au loin ses ors légers
Et ses argents et ses opales ;