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LES TENDRESSES PREMIÈRES


Ardeurs naïves


J’entends là-bas sa voix, sa voix…
Oh ! la petite amie espiègle et blonde
Qui s’en alla, vers l’autre monde,
Toute fragile, alors qu’elle ni moi
Ne soupçonnions encor
Ce qu’est la mort.


Un jour, on m’assura qu’en des pays d’étoiles
Elle s’était perdue, avec des voiles
Et des roses, entre ses doigts petits ;
Son image resta fixée en mon esprit
Si belle,
Que tout mon cœur partît vers elle.