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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/86

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été fiers de vivre ensemble, grâce à la claire et bonne volonté mutuelle. Vous avez compris que l’avenir dépendait de votre attitude. C’est bien.

Silence. Tous courbent la tète.

Mais cette union se maintiendra-t-elle, au milieu de la misère et de la famine qui vont sévir ici ?

Silence général. Haineau hausse les épaules. Hérénien comprend qu’on s’est disputé. Changeant brusquement de ton :

Vous étiez, je l’avoue, dans une passe terrible. Du haut de cette montagne de la mort, certes, vous dominiez ceux qui vous détestent. Mais il vous manquait votre demeure et votre foyer ; il vous manquait vos femmes, vos fils et vos filles. La Régence les tenait en sa main, impatiente, déjà, de les étouffer. Ah ! vous avez subi l’interminable défilé des heures noires, la procession longue et lente des angoisses à travers l’âme ! Heureusement tout peut changer : la Régence vous offre la paix.


HAINEAU


Jamais nous ne traiterons avec les Régents.