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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/78

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LA FOULE


— Pourquoi proclamer ce qu’il faut taire ?
— Chacun est maître de son couteau.
— Silence !


HAINEAU


L’ennemi incendie les églises, les banques, les parlements. Il nous
reste le Capitole et la Régence. Détruisons-les. Descendons par groupes, la nuit, dans Oppidomagne.


QUELQU’UN


Impossible, l’Aventin est cerné.


HAINEAU


On finit toujours par corrompre quelqu’un.


LA FOULE


— À quoi bon ces massacres ?
— Un chef meurt, un autre succède.
— C’est la masse qu’il faut conquérir.