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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/77

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Scène deuxième


     À l’Aventin (cimetière sur une hauteur). Le peuple est réuni. Haineau occupe la tribune : un tombeau plus élevé que les autres. Des faisceaux d’armes sont dressés parmi les jardinets funéraires. Des croix, des stèles, des cippes, des colonnes émergent d’entre les fleurs. Debout sur le mur d’enceinte, des ouvriers armés veillent. La nuit tombe. Des feux s’allument.



HAINEAU


Je conclus donc, comme je concluais hier : Il faut, dans une
révolution, frapper les idées dans ceux qui les personnifient. Il faut avancer peu à peu, sans emballement, vouloir des choses immédiates. Froidement, chacun de nous choisira son homme, sa victime. Aucun ne prendra de repos avant que les trois Régents et les deux Consuls d’Oppidomagne soient morts. C’est l’œuvre de terreur qui provoquera l’œuvre de salut.