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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/67

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HÉRÉNIEN


Il ne faut jamais repousser une espérance, lorsqu’elle déploie une
telle envergure. Ce qui demeure improbable aujourd’hui, sera patent et accompli demain. Hordain ne constate encore que des récoltes sourdes, des mécontentements profonds, mais étouffés, des ententes et des unions secrètes. Les troupes rejettent la guerre ; elles sont à bout ; elles se débandent. Les idées de justice circulent. Vaguement, on parle de concorde : l’étincelle est au foyer. J’attends le coup de vent qui incendie les bois et les pailles.

Hérénien écoute des murmures hostiles dans la rue. Quelqu’un sonne. Le Consul d’Oppidomagne fait son entrée dans la chambre.



LE CONSUL


Jacques Hérénien, je viens à vous au nom de la Régence d’Oppidomagne, qui vous demande d’accomplir un grand devoir. Si loin que nos idées soient les unes des autres, l’accord entre nous est certain, dès qu’il s’agit de sauver la ville. Il me semble parler au chef futur de ce peuple que