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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/35

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LE CURÉ


Ne t’inquiète plus, tu fus chrétien et tu seras sauvé.

Le prêtre l’absout
.



JACQUES HÉRÉNIEN


Menant le berger vers l’agonisant.


Père, c’est le berger ; tu sais bien, celui des Champs qui tintent,
le plus vieux de tes serviteurs et de tes amis.


PIERRE HÉRÉNIEN


Regardant le berger longuement et, tout à coup, l’ayant reconnu, lui saisissant le bras et l’attirant à lui. Avec une voix assez ferme :


Quand je serai mort, berger, tu détruiras toutes les vieilles semences. Elles sont pleines de poussières mauvaises ; elles sont rongées ; elles sont moisies. Ce n’est plus avec elles que le sol célébrera ses fiançailles… Et toi qui as été partout, tu resèmeras dans mon champ, dans mon clos, des graines nouvelles ; des graines toutes vives, toutes fraîches, toutes belles que