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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/112

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HÉRÉNIEN


Vous pardonner, oui ; car on ne doute pas d’un homme tel que
moi ; car la Régence d’Oppidomagne trompe aussi aisément que je respire. Morceau par morceau, la façade de son autorité s’est effritée ; loque à loque le manteau de son pouvoir lui tomba des épaules. Elle m’appela pour en recoudre les pièces. Elle me dépêcha vers l’Aventin, avec l’arrière-pensée, ou de m’accaparer ou de me perdre. La mission était difficile, périlleuse, tentante. Je m’en suis acquitté comme d’un devoir. Et aujourd’hui, je ne suis ni perdu par vous, ni conquis par elle, je suis et je reste libre ; je mets, comme toujours, ma force au service de mon idée suprême. (Quelques applaudissements).
J’entendais crier tout à l’heure : Vendu ! Vendu !

Se détournant et saisissant un dossier sur son bureau.


« Vendu » ! Que n’a-t-on fait pour que je le fusse ! (Brandissant une liasse de papiers). Dans cette poignée de lettres, on me promet tout ce que l’infamie peut abandonner à un apostat, la corruption à un traître. Pour que vous