Ouvrir le menu principal

Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/105

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Le peuple m’aime et je l’aime, malgré tout, à travers tout. Ce qui se passe n’est qu’une brouille entre nous deux. (Clameurs d’insultes, dans la rue).


CLAIRE


Ils sont là mille à nous mordre d’injures. Et ce sont ces bouches,
les mêmes qui t’exaltaient ! Ah ! les lâches ! les vils ! les fous ! (Nouvelles tempêtes de cris).


HÉRÉNIEN


Vraiment, c’est à croire qu’ils ne m’ont jamais connu.

Allant, les deux poings levés, vers la fenêtre :

Oh ! ces brutes ! ces brutes ! ces brutes ! …

Puis, revenant vers son bureau :

Pourtant hier, à l’assemblée du Marché Vieux, tous m’acclamaient. Haineau m’a défendu avec une telle ferveur que je lui pardonne tout. Le Breux est accouru cette nuit-ci me rassurer comme jamais. On perce à jour la duplicité des Régents. Oppidomagne entière reflue vers son vrai maître. Mon heure est revenue. Dis ? (Avec impatience.) Dis-le donc !