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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/15

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Un chien sursaute en longs abois ;
Des cris passent lourds et funèbres ;
Le menuisier coupe son bois,
Presqu’à tâtons, dans les ténèbres.

Tous les métiers à bruit discord
Se sont lassés, l’un après l’autre ;
Derrière un mur, marmonne encor
Un dernier bruit de patenôtres.

Une pauvresse aux longues mains,
Du bout de son bâton, tâtonne
De seuil en seuil, par les chemins ;
Le soir se fait et c’est l’automne.

Et puis viendra l’hiver osseux,
Le maigre hiver expiatoire,
Où les gens sont plus malchanceux
Que les âmes en purgatoire.