Page:Twain - Un pari de milliardaires, et autres nouvelles.djvu/88

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


avec son caractère paisible et sincère, était à mon avis mille fois pins enviable qu’une grande victoire achetée au prix de combats acharnés et d’une désolante effusion de sang.

Un verre de bière était passé devant chacun de nous, et on pouvait le faire emplir à discrétion. On distribuait aussi une petite brochure contenant les vers qui allaient être chantés. Et au-dessous des noms des dignitaires de la fête, on lisait ces mots imprimés en gros caractères :

Wæhrend des Kommerses herrscht allgemeiner Burgfriede.

Comme j’étais incapable de les traduire avec la poésie locale, un professeur me prêta son aide ; et voici ce qu’il m’expliqua :

Les étudiants appartiennent à différentes sociétés universitaires, mais, pour faire partie de leurs corporations, il faut aimer les exercices physiques et l’escrime. Ceux-ci organisent des duels au sabre toutes les semaines, et chaque corporation est tenue de fournir un certain nombre de duellistes pour la circonstance ; chose à noter : c’est seulement sur le terrain que les étudiants des différents corps se font des politesses. Dans la vie usuelle, ils ne se parlent jamais et ne boivent pas ensemble. Aussi la phrase en question signifie-t-elle :