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soirées chez le ministre auprès de ma chère Portia ; je ne lui parlai pas de la mine, voulant lui ménager une surprise. Nous filions le parfait amour, causant avenir, bonheur, carrière, appointements, amour ; bref forgeant mille projets. Vous ne vous figurez-pas, mon cher, combien tout cela intéressait la femme du ministre et sa fille ; toutes deux s’ingéniaient à détourner l’attention du ministre pour l’empêcher d’interrompre mon récit.

Les deux dames étaient délicieuses de finesse.

À la fin du mois, j’avais un million de dollars à mon crédit, réparti entre les banques de Londres et celles du Comté. Hastings comme moi était ravi. Correctement vêtu, je me fis conduire en voiture à la maison de Portland Place et m’assurai par une inspection rapide de l’extérieur de l’hôtel que mes deux individus étaient de retour ; de là, je retournai chez le ministre pour chercher ma chère Portia ; nous repartîmes en voiture pour Portland Place et causâmes appointements tout le long de la route. Cette question brûlante donnait à sa beauté un caractère particulier ; la voyant si fiévreuse et en même temps si irrésistible, je ne pus m’empêcher de le lui dire.

— Ma chérie, vous êtes si ravissante qu’on n’osera jamais m’offrir moins de trois mille dollars par an.