Page:Twain - Un pari de milliardaires, et autres nouvelles.djvu/31

Cette page a été validée par deux contributeurs.


mes appointements. Naturellement, je ne connaissais pas encore à combien s’élèveraient ces appointements, mais j’avais tout lieu de supposer que si je faisais gagner à mon bienfaiteur son pari, il m’assurerait une belle situation, pourvu, bien entendu, que je sois à la hauteur de ma tâche.

J’étais sûr de cette dernière condition et je pouvais répondre ; de ma compétence : je gagnerais certainement mon pari, car j’avais toujours été veinard.

J’estimais mes appointements à un chiffre variable de six cents à mille livres par an ; admettons six cents livres pour la première année avec augmentation progressive, proportionnée à mon mérite. Pour le moment j’étais endetté d’une somme équivalente à ma solde de première année, car, bien que tout le monde ait rivalisé d’empressement pour me prêter de l’argent, j’avais pu restreindre mes emprunts à trois cents livres ; les autres trois cents livres représentaient le montant de mes acquisitions et le fonds de réserve nécessaire à ma subsistance pour l’année. J’avais bien l’intention de ne pas dépenser plus que mes appointements de la deuxième année, pendant les dernières semaines du mois ; mais, pour cela, il me fallait ouvrir l’œil, me montrer prudent et économe.