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les flancs du navire, il y a là, équipage compris, près de mille cent personnes.

Ces vers, très majestueux dans la poésie de la mer, peignent bien la situation actuelle.

L’Angleterre n’a besoin ni de remparts,
Ni de tours haut perchées : elle marche sur
La montagne des flots, elle demeure stable sur l’abîme.

C’est bien ce qui se passe maintenant ! Alors que, jadis, les petits bateaux bondissaient sur la crête des vagues et s’effondraient dans le creux des lames, les gigantesques navires d’à présent n’escaladent plus les montagnes de la mer ; ils creusent une tranchée et les traversent. Leur poids formidable, leur masse et leur élan maîtrisent les flots les plus déchaînés.

Comme les hommes de la génération actuelle sont ingénieux ! Aujourd’hui, à bord du « Havel », j’ai trouvé accroché dans la chambre des cartes un cadre rempli de fiches mobiles en bois ; ces fiches portaient les inscriptions que voici :

Caisse à eau.......vide

Double-fond n°1......plein

Double-fond n°2......plein

Double-fond n°3......plein

Double-fond n°4......plein