Page:Twain - Un pari de milliardaires, et autres nouvelles.djvu/180

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


constitue un excellent calmant. (Dioscorides, liv. II, c ap. 68.)

» Nous voyons par là que tout temps l’araignée a été réputée par ses qualités fébrifuges. Il est bon de remarquer qu’on donne généralement des araignées aux singes, comme remède souverain aux affections auxquelles sont sujets ces animaux. »

Puis vient un long récit pour prouver qu’une femme moribonde, qui huit semaines durant souffrait d’une fièvre intermittente et qu’on avait saignée à blanc une douzaine de fois sans succès apparent, vit son état s’améliorer et recouvra la santé grâce à l’ingestion forcée d’un paquet de toile d’araignée. Et notre savant de s’extasier sur les mérites de la toile d’araignée ! Il mentionne pourtant en passant qu’on avait cessé la saignée quotidienne ; et dans sa naïveté il n’a pas l’air de se douter que cette sage mesure a peut-être provoqué la guérison.

« Quant au venin des araignées, Scaliger rapporte qu’une certaine espèce de ces animaux (dont le nom lui échappe) secrète un poison si violent qu’un nommé Vincentinus en ressentit les effets, à travers la semelle de sa chaussure, rien que pour avoir écrasé un de ces insectes. »