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voyage, mon mot demeura sans réponse, et au bout de trois ou quatre jours je perdis mon affaire de vue. Le neuf mars, le facteur m’apporta plusieurs lettres ; parmi elles, j’en trouvai une plus lourde que les autres et dont l’écriture m’était à peine connue. Je ne découvris pas tout d’abord d’où elle venait, mais j’eus comme un pressentiment, et je dis à un purent qui se trouvait là :

— Vous allez assister à un miracle. Je vais vous exposer tout le contenu de cette lettre, date, signature, tout en un mot — et cela sans briser le cachet. Elle est d’un Mr. Wright de Virginia (Névada) et datée du deux mars, c’est-à-dire qu’elle remonte à sept jours. Mr. Wright me propose d’écrire un livre sur les mines d’argent du Bonanza, et me demande mon opinion, en vrai ami. Il expose son sujet, l’ordre et la suite de ses détails, et annonce qu’il finira par un historique sur l’avenir de Great Bonanza. C’est même le sujet principal du livre.

Je décachetai la lettre, et montrai l’exactitude de ce que j’avais annoncé. La lettre de Mr. Wright contenait tout ce que contenait la mienne, écrite le même jour ; seulement cette dernière était restée dans mon bureau, depuis une semaine, depuis le deux mars.

Il n’y a aucune « extralucidité » là-dedans si