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Page:Tolstoï - Résurrection, trad. Wyzewa, 1900.djvu/528

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Simonson, qui de toute la soirée n’avait rien dit et était resté étendu sur sa couchette, se leva tout à coup, d’un mouvement décidé. Se frayant un chemin à travers les groupes, il s’approcha de Nekhludov.

— Pouvez-vous, maintenant, m’accorder un instant d’entretien ?

— Mais, sans doute ! — lui répondit Nekhludov ; et il se leva pour le suivre.

En voyant Nekhludov se lever, la Maslova rougit. Brusquement elle détourna la tête.

— Voici de quelle affaire j’ai à vous parler ! — commença Simonson, après avoir conduit Nekhludov dans la petite antichambre. Cette antichambre était, à ce moment, toute remplie de l’effrayant vacarme que faisaient les condamnés de droit commun, dans le corridor et dans la salle voisine. Nekhludov, assourdi, fronça les sourcils ; mais Simonson, évidemment, n’entendait rien.

— Connaissant vos rapports avec Catherine Mikaïlovna, — poursuivit-il, en fixant ses bons yeux ronds droit dans les yeux de Nekhludov, — je me crois tenu…

Mais, ayant dit cela, il dut s’interrompre, parce qu’au même moment, tout contre la porte, deux voix se mirent à crier ensemble, se disputant :

— On te dit que ce n’est pas moi, cochon ! — criait l’une d’elles.

— Rends-le moi, sale bête ! — criait l’autre. Tout à coup Marie Pavlovna se montra dans l’antichambre.

— Est-ce que cela a le sens commun, de venir causer ici ? — dit-elle. — Entrez plutôt dans notre chambre, je crois qu’elle est vide.

Elle introduisit Simonson et Nekhludov dans la seconde des deux salles, une petite pièce carrée, ou couchaient les femmes de la section. La pièce, cepen-