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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/94

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ce même dépôt se trouvaient des sacs pour le foin. Vassili savait ce détail et avait compté sur ces sacs. Il tira le mentonnet, sortit par la porte et passa dans des latrines en construction. Au bout du couloir, dans ces latrines, il y avait un trou qui allait du troisième étage au sous-sol. En tâtant, Vassili trouva la porte et retourna dans le dépôt mortuaire, enleva le linceul du cadavre déjà refroidi (en soulevant le linceul il avait touché sa main), prit les sacs et les lia les uns au bout des autres pour en faire une corde, puis porta cette corde dans les latrines. Là il attacha la corde à une poutre et descendit. La corde ne touchait pas le sol. S’en fallait-il de beaucoup ou de peu, il l’ignorait, mais il n’y avait rien d’autre à faire. Il s’y suspendit et sauta. Il se fit mal aux jambes, cependant il pouvait marcher.

Dans le sous-sol il y avait deux fenêtres, assez larges pour qu’on y pût passer, mais elles étaient grillées. Il fallait arracher les barreaux de fer. Mais avec quoi ? Vassili se mit à fouiller le sous-sol. Il y avait là des planches. Il trouva une planche avec un bout pointu, et se mit à disjoindre les briques dans lesquelles étaient scellés les barreaux. Il travailla longtemps. Le coq chantait déjà pour la seconde fois et les barreaux tenaient toujours. Enfin, un côté céda. Vassili enfonça la planche, appuya, la grille se détacha, mais une brique tomba avec bruit. La sentinelle pouvait avoir entendu. Vassili se tint immobile. Tout était tranquille. Il grimpa à travers la fenêtre. Pour s’enfuir, il lui fallait escalader le mur. Dans un coin de la cour se trouvait une bâtisse. Il devait grimper sur cette bâtisse, et de là sur le mur. Pour cela il avait besoin d’un morceau de bois, autrement impossible de