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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/366

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d’un œil, et prêt, à chaque instant, à lui donner ses soins. Mais la nuit fut très bonne ; et si l’on n’avait pas attendu le médecin, peut-être se fût-elle levée. Le docteur arriva au moment du dîner. Il expliqua que si des accidents identiques peuvent provoquer le danger, il n’y a pas toutefois d’indications positives, et que, par conséquent, en l’absence d’indications contraires, on pouvait faire telle hypothèse ou telle autre. La conclusion était qu’il fallait rester couchée et prendre telle et telle chose, bien que le docteur se déclarât l’ennemi des drogues. En outre, il fit à Varvara Alexievna une véritable conférence sur l’anatomie de la femme, et elle l’écoutait en hochant la tête avec importance.

Ayant reçu ses honoraires, glissés comme d’ordinaire dans le creux de sa main, le docteur partit et la malade resta couchée pour une semaine.


XIV

Eugène passait la plus grande partie de son temps près du lit de sa femme, la soignait, causait avec elle, lui faisait la lecture, et, chose plus méritoire, supportait sans mot dire les piqûres de Varvara Alexievna, dont il savait même faire un objet de plaisanterie.

Mais il ne pouvait rester toujours à la maison. D’abord sa femme le renvoyait, disant qu’il tomberait malade s’il restait tout le temps auprès d’elle ; ensuite l’exploitation nécessitait fréquemment sa présence. Il ne pouvait rester à la maison, et allait tantôt dans les champs, tantôt dans le