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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/350

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« Mon Dieu ! À quoi vais-je penser ! Que fais-je ! » Il saisit ses bottes, et, les tenant à la main, courut dans le vestibule, les déposa là, s’épousseta, et sortit sur la terrasse où déjà étaient assises les deux mamans, prenant leur café. Lise, évidemment, l’attendait. Elle parut sur la terrasse, d’une autre porte, en même temps que lui. « Mon Dieu ! elle qui me croit si honnête, si pur, si innocent, si elle savait ! » pensa-t-il.

Lise, comme toujours, le rencontra le visage rayonnant. Mais aujourd’hui elle lui paraissait particulièrement pâle, jaune, longue et faible.


X

Pendant le café, comme il arrive souvent, se déroula cette conversation particulière des dames, de laquelle est banni tout lien logique, mais qui, cependant, est liée par quelque chose, puisqu’elle se prolonge sans interruption. Les deux dames se lançaient des pointes, et Lise, très habilement, tâchait d’amortir les coups.

— Je suis désolée qu’on n’ait pas réussi à terminer ta chambre avant ton retour, dit-elle à son mari. J’ai un tel désir que tout soit bien arrangé.

— Eh bien ! et toi ? As-tu dormi après que j’ai été parti ?

— Oui, j’ai dormi. Je me sens très bien.

— Comment une femme peut-elle se sentir bien dans cette situation, pendant cette chaleur insupportable, avec des fenêtres au soleil, et encore sans rideau ni marquise ? dit Varvara Alexievna,