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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/22

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Mitia alla trouver sa mère. C’était son dernier espoir. Sa mère était très bonne et ne savait pas refuser ; aussi, à un autre moment elle l’eût probablement aidé, mais ce jour-là elle était très inquiète de la maladie de Petia, son fils cadet, âgé de deux ans. Elle gronda Mitia parce qu’il était venu brusquement et avait fait du bruit ; et elle lui refusa net. Il marmotta quelque chose entre ses dents et s’en alla. Mais elle eut pitié de son fils et le rappela.

— Attends, Mitia ! dit-elle. Je n’ai pas aujourd’hui, mais demain j’aurai…

Mais Mitia était encore plein de colère contre son père.

— Pourquoi demain, quand c’est aujourd’hui que j’ai besoin ? Alors, sachez que j’irai chez un camarade.

Il sortit en claquant la porte. « Il n’y a rien d’autre à faire… Il me dira où l’on peut engager la montre », pensa-t-il en tâtant sa montre dans sa poche.

Mitia prit de la table le coupon et la menue monnaie, mit son pardessus et partit chez Makhine.


II

Makhine était un lycéen moustachu. Il jouait aux cartes, connaissait des femmes et avait toujours de l’argent. Il habitait chez une tante. Mitia savait que Makhine était un mauvais sujet, mais quand il se trouvait avec lui, malgré soi, il subissait son influence.

Makhine était à la maison et se préparait à aller au théâtre. Sa chambre était tout im-