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Page:Tolstoï - Le Faux Coupon et autres contes.djvu/102

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Dieu, l’ardeur de cette jeune fille avaient frappé le vieillard.

Depuis longtemps déjà il voulait renoncer au monde, mais le couvent exigeait de lui l’activité, car cette activité procurait des revenus au couvent. Et il consentait, bien qu’il sentît vaguement toute la fausseté de sa situation.

On le croyait saint, thaumaturge, et il était un homme faible, entraîné par les succès. Mais l’âme de cette jeune fille qui s’était révélée à lui, lui avait révélé la sienne. Il se rendit compte qu’il était loin de ce qu’il voulait être et de ce à quoi son cœur l’entraînait.

Peu après la visite de Lise, il s’enferma dans sa cellule et n’alla à l’église que trois semaines plus tard. Il écouta la messe, puis, après le service, fit un sermon dans lequel il se dénonçait, dénonçait les péchés du monde et l’appelait au repentir. Il prêchait tous les quinze jours, et à ses sermons accourait une foule de plus en plus grande. Sa gloire comme prédicateur se répandait de plus en plus. Il y avait dans ses sermons quelque chose de particulier, de hardi, de sincère ; c’est pourquoi il avait une si grande influence sur les hommes.


XII


Entre-temps, Vassili avait fait ce qu’il s’était promis de faire. Avec des camarades, pendant la nuit, il avait pénétré chez un marchand, Krasnopouzoff. Il savait qu’il était avare et débauché. Il avait fracturé la caisse et pris l’argent, 30 000 roubles, qu’il distribuait comme il avait dit. Il avait même cessé de boire, et donnait de l’argent pour les noces de fiancés pauvres, payait des