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Page:Tolstoï - L’Esprit chrétien et le patriotisme.djvu/38

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inaperçu, comme une chose toute naturelle. On vit même des cas de folie caractérisée. Ainsi une femme, enveloppée d’une étoffe aux couleurs françaises et russes, attendit l’arrivée du cortège et se précipita dans la Seine en criant : « Vive la Russie ! »

D’ailleurs, dans toutes ces réjouissances, les femmes ont joué un rôle prépondérant et ont plus d’une fois dirigé et entraîné leurs maris. Non contentes de lancer des fleurs et des rubans, de faire des cadeaux et d’écrire des adresses, les femmes, dans la rue, se jetaient au cou des marins russes et leur demandaient de les embrasser : si ces derniers y consentaient, c’était un tonnerre d’applaudissements.

Cet étrange enthousiasme était contagieux. Un journaliste raconte qu’un mate-